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Les entités hors bilan sont des actifs ou des passifs qui n’apparaissent pas au bilan d’une entreprise. Les investisseurs utilisent le bilan pour comprendre les actifs et les passifs d’une entreprise et évaluer la santé financière de l’entreprise. Parce que les actifs sont meilleurs que les passifs, les entreprises veulent plus d’actifs et moins de passifs dans leur bilan. Certains placeront leurs obligations dans des entités hors bilan.
Leçon principale
- Les entités hors bilan permettent aux entreprises de cacher des actifs ou des passifs de leur bilan.
- Ces entités sont utilisées pour donner aux entreprises une apparence plus sûre financièrement en gonflant leurs bénéfices.
- Le scandale Enron a mis en lumière les dangers des entités hors bilan et des pratiques comptables frauduleuses.
- Des réglementations, telles que la loi Sarbanes-Oxley, obligent les entreprises à déclarer leurs accords hors bilan, mais des lacunes subsistent.
Comment fonctionnent les unités hors bilan en finance
Les entités hors bilan permettent aux entreprises de supprimer des actifs ou des passifs de leur bilan. Par exemple, les sociétés de forage pétrolier établissent souvent des filiales hors bilan pour financer des projets d’exploration pétrolière et gazière.
La société mère peut créer une filiale et la scinder en vendant le contrôle (ou la totalité de l’entreprise) à des investisseurs. Cette vente générerait des bénéfices pour la société mère tout en transférant le risque potentiel de faillite de la nouvelle entreprise sur les investisseurs. Une fois cette opération réalisée, la filiale n’apparaît plus au bilan de la société mère.
Risques et pièges des entités hors bilan
Les entités hors bilan peuvent être utilisées pour gonfler artificiellement les bénéfices et donner l’impression que les entreprises sont plus sûres financièrement qu’elles ne le sont en réalité.
La variété des véhicules d’investissement est complexe et déroutante—y compris, mais sans s’y limiter, les titres de créance garantis, les titres adossés à des créances hypothécaires à risque et les swaps sur défaut de crédit—utilisé pour supprimer la dette du bilan d’une entreprise. La société mère inscrit le produit de la vente de ces éléments à l’actif mais n’énumère pas les obligations financières qui y sont associées au passif.
Prenons par exemple les prêts accordés par une banque. Une fois émis, les prêts sont généralement conservés dans les livres de la banque en tant qu’actif. Si ces prêts sont titrisés et vendus comme investissements, la dette titrisée (dont la banque est responsable) ne sera pas conservée dans les livres de la banque.
Cette astuce comptable gonfle le cours des actions de la société émettrice et gonfle artificiellement les bénéfices, permettant aux PDG de s’attribuer le mérite de leurs bilans solides et de récolter d’énormes bonus pour eux-mêmes.
Pratiques frauduleuses et entités hors bilan : une perspective historique
Le scandale Enron a été l’un des premiers événements qui ont attiré l’attention du public sur le recours aux unités hors bilan.
Dans le cas d’Enron, l’entreprise construirait un actif tel qu’une centrale électrique et enregistrerait immédiatement le bénéfice attendu dans ses livres, même si l’entreprise n’en avait pas encore gagné un centime. Si les revenus de la centrale électrique sont inférieurs aux prévisions, au lieu de subir une perte, l’entreprise transférera ces actifs à une société officieuse, où la perte ne sera pas déclarée.
Utilisation de swaps sur défaut de crédit
L’ensemble du secteur bancaire se livre à une activité similaire, souvent par le biais de swaps sur défaut de crédit (CDS). La pratique est si populaire que dix ans seulement après que JPMorgan a introduit les CDS en 1997, elle était devenue une activité estimée à 45 000 milliards de dollars, selon l’International Swaps and Derivatives Association.
Ce chiffre représente plus du double de la taille du marché boursier américain, mais ce n’est qu’un début. Il a été rapporté plus tard que le marché des swaps sur défaut de crédit valait plus de 60 000 milliards de dollars.
Le recours à l’effet de levier
Le recours à l’effet de levier complique encore davantage les problèmes des unités hors bilan. Prenons l’exemple d’une banque avec 1 000 $ à investir. Ce montant peut être investi dans 10 actions d’une action qui se vendent 100 $ par action. Ou encore, la banque pourrait investir 1 000 $ dans cinq contrats d’options qui lui donneraient le contrôle de plus de 500 actions au lieu de seulement 10. Cette approche aurait des résultats très favorables si le cours des actions augmentait et des résultats assez désastreux si le prix baissait.
Appliquons maintenant cette situation aux banques pendant la crise du crédit et à leur utilisation des instruments CDS, en rappelant que certaines entreprises avaient des ratios de levier de 30 pour 1.
Leur pari ayant échoué, les contribuables américains ont dû renflouer ces entreprises pour les empêcher de faire faillite. Les gourous de la finance qui ont provoqué ces échecs ont conservé leurs bénéfices.
Perspectives d’avenir : Le développement des unités hors bilan
Des efforts visant à limiter le recours aux entités hors bilan ont été inclus dans la loi Sarbanes-Oxley, qui impose aux entreprises publiques l’obligation de fournir des preuves de l’exactitude de leurs états financiers lors de leurs audits annuels.
Dans le cadre de cette loi, depuis 2003, les entreprises publiques sont tenues de déclarer tous les arrangements hors bilan dans leurs états financiers trimestriels et annuels à la Securities and Exchange Commission (SEC).
Les efforts visant à modifier les règles comptables et à adopter des lois visant à limiter l’utilisation d’unités hors bilan ne changent rien au fait que les entreprises souhaitent toujours afficher plus d’actifs et moins de passifs dans leur bilan.
C’est dans cette optique qu’ils continuent de trouver des moyens de contourner la loi. La législation peut réduire le nombre d’entités hors bilan, mais des lacunes subsisteront.
