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Chaque jour, les entreprises tentent de se protéger contre des taux d’intérêt imprévisibles qui pourraient ronger leurs bénéfices. Les swaps de taux d’intérêt constituent un outil clé de leur arsenal.
Un swap de taux d’intérêt est un accord financier dans lequel deux parties, généralement des entreprises et des banques, échangent entre elles des obligations de paiement d’intérêts. Une partie s’engage à payer à l’autre un taux d’intérêt fixe en échange de paiements d’intérêts variables (variables). Pour ceux qui ont déjà un prêt hypothécaire, c’est comme échanger un prêt hypothécaire à taux variable contre un prêt hypothécaire à taux fixe, sauf à une échelle beaucoup plus grande.
Ces swaps ont un objectif important : aider les entreprises et les institutions financières à gérer les risques et potentiellement à économiser de l’argent sur les paiements d’intérêts. Tout comme vous souhaitez peut-être avoir la certitude d’un prêt hypothécaire à taux fixe au lieu de voir vos paiements augmenter et diminuer en fonction des taux d’intérêt du marché, les entreprises utilisent les swaps de taux d’intérêt pour obtenir des coûts plus prévisibles. Ci-dessous, nous allons vous montrer comment évaluer la valeur de chaque côté dans un échange.
Leçon principale
- La plupart des swaps sont des accords personnalisés entre deux parties et sont négociés de gré à gré plutôt que sur des bourses.
- Les swaps de taux d’intérêt permettent aux entreprises d’échanger des taux d’intérêt flottants contre des taux d’intérêt fixes (ou vice versa), les aidant ainsi à mieux gérer les risques et les coûts de financement.
- Les deux parties à un contrat de swap sont appelées contreparties : l’une paie un taux d’intérêt fixe tandis que l’autre paie un taux d’intérêt variable basé sur un taux d’intérêt de référence tel que le Secured Overnight Financing Rate (SOFR).
- Contrairement aux prêts, le montant principal (appelé montant notionnel) d’un swap n’est jamais échangé ; seuls les paiements d’intérêts sont effectués entre les parties.
- Les swaps commencent avec une valeur de zéro mais peuvent devenir coûteux à mesure que les taux d’intérêt du marché évoluent.
Les deux parties échangent leurs taux d’intérêt à diverses fins, y compris le désir de modifier la nature de l’actif ou du passif afin de se protéger contre les fluctuations défavorables anticipées des taux d’intérêt. Comme tous les produits dérivés, les swaps sont des instruments à somme nulle, donc toute augmentation de valeur pour une partie constitue une perte pour l’autre.
Les contreparties qui effectuent des paiements à taux variable utilisent souvent un taux d’intérêt de référence, tel que le SOFR. Ceux-ci effectuent des paiements à un taux d’intérêt fixe comparable à celui des bons du Trésor américain.
Comprendre les swaps de taux d’intérêt
Supposons qu’il y ait deux sociétés : la société A bénéficie d’un prêt à taux variable de 10 millions de dollars qui change tous les trois mois, tandis que la société B bénéficie d’un prêt à taux fixe du même montant. Si la société A craint que les taux d’intérêt augmentent alors que la société B pense que les prix vont baisser, elle peut conclure un accord de swap. Grâce au swap, la société A convertit effectivement le taux d’intérêt variable en un taux d’intérêt fixe, tandis que la société B reçoit le taux d’intérêt variable qu’elle souhaite.
Les swaps de taux d’intérêt comprennent plusieurs éléments clés :
- Montant nominal: Il s’agit du montant de base utilisé pour calculer les paiements d’intérêts (comme 10 millions de dollars dans notre exemple). Contrairement à un prêt, ce montant n’est jamais échangé, il sert uniquement à des calculs.
- Terminologie: La durée du contrat de swap, généralement de 2 à 10 ans.
- Fréquence de paiement: La fréquence à laquelle les parties échangent des paiements, généralement trimestriellement ou semestriellement.
- Rapport standard: Pour la partie flottante, les paiements sont généralement basés sur le SOFR, remplaçant le LIBOR comme référence standard.
La popularité des swaps de taux d’intérêt a explosé car ils sont extrêmement flexibles. Les entreprises peuvent personnaliser les conditions pour répondre exactement à leurs besoins et elles peuvent souvent trouver une banque prête à prendre en charge l’autre côté de la transaction. Toutefois, cette flexibilité comporte des risques : si les taux d’intérêt changent de manière significative, l’une des parties sera confrontée à des pertes importantes.
Comment est déterminé le taux de change fixe ?
Lorsque deux parties concluent un swap de taux d’intérêt, la question importante est : quel devrait être le taux d’intérêt fixe ? La règle d’or est qu’au départ, aucune des deux parties n’a d’avantage : l’échange doit commencer avec une valeur de zéro pour les deux parties.
Supposons qu’Apple Inc. (AAPL) conclue un accord de swap d’un an avec Goldman Sachs (GS) pour 2,5 milliards de dollars (appelé montant notionnel). Apple a accepté de recevoir des paiements trimestriels fixes de Goldman Sachs en échange de leur remboursement à un taux d’intérêt variable. Les paiements flottants seront basés sur les taux d’intérêt du marché (SOFR), mais quel sera le taux d’intérêt fixe ?
La valeur de la jambe fixe et de la jambe flottante du contrat de swap sera V.réparation Et V.fl, respectivement. Donc au début, ils devraient être les mêmes :
Les montants notionnels ne sont pas échangés dans le cadre d’un swap de taux d’intérêt car ces montants sont égaux ; cela n’a aucun sens de les échanger. Supposons maintenant que le taux SOFR (en dollars) soit le suivant :
| Taux de change USD SOFR | Pourcentage |
|---|---|
| 3 mois | 5,33% |
| 6 mois | 5,28% |
| 9 mois | 5,20% |
| 12 mois | 5,15% |
Pour déterminer un taux fixe raisonnable, les banques utilisent une formule complexe qui prend en compte les éléments suivants :
- Taux d’intérêt actuels du marché à différentes périodes
- Échéancier de paiement (trimestriel dans ce cas)
- Période d’échange
- Montant nominal
Bien que le calcul soit un peu compliqué (et nous l’aborderons pour ceux que cela intéresse), le principe est simple : le taux fixe est fixé de manière à ce qu’aucune des deux parties ne démarre avec un avantage.
Étape 1 : Calculer le facteur de remise
Passons maintenant aux calculs. La formule permettant de déterminer un taux forfaitaire implique le calcul de ce que l’on appelle un « facteur d’actualisation » – essentiellement un moyen de déterminer la valeur actuelle des paiements futurs. Ces facteurs sont tirés des taux d’intérêt actuels du marché.
La formule du facteur d’actualisation (DF) est :
Où:
r = taux SOFR de la période
t = nombre de jours dans la période
Cela nous donne le tableau suivant :
| Scène | Jour | Taux SOFR | Calculer | Coefficient d’actualisation |
|---|---|---|---|---|
| 3 mois | 90 | 5,33% | 1/(1 + 0,0533 × 90/360) | 0,98685 |
| 6 mois | 180 | 5,28% | 1/(1 + 0,0528 × 180/360) | 0,97415 |
| 9 mois | 270 | 5,20% | 1/(1 + 0,0520 × 270/360) | 0,96198 |
| 12 mois | 360 | 515% | 1/(1 + 0,0515 × 360/360) | 0,95026 |
Étape 2 : Calculez le taux d’intérêt fixe
La formule de calcul du taux d’intérêt fixe (c) est la suivante :
Où:
q = fréquence de paiement par an (quatre pour les trimestres)
DF₁₂ₘ = facteur d’actualisation de la période finale
En branchant nos chiffres, nous obtenons ce qui suit :
C’est, c = 5,14%
Étape 3 : Calculer le flux de paiement
Pour un montant nominal de 2,5 milliards USD :
Paiement trimestriel fixe = (5,14 % 4) × 2,5 milliards de dollars = 32,125 millions de dollars
| Jour | Paiement fixe | Paiement flottant* |
|---|---|---|
| Premier trimestre 2024 | 32,125 millions de dollars | 33,31 millions USD (sur la base de 5,33%) |
| Deuxième trimestre 2024 | 32,125 millions de dollars | Placé à la fin du premier trimestre |
| Troisième trimestre 2024 | 32,125 millions de dollars | Placé à la fin du T2 |
| Quatrième trimestre 2024 | 32,125 millions de dollars | Placé en fin de 3ème quart-temps |
Les paiements variables ultérieurs seront déterminés au taux SOFR à trois mois en vigueur au début de chaque période. Au moins pour l’instant, Goldman Sachs bénéficie d’un léger avantage lorsqu’il s’agit d’effectuer un paiement fixe. Mais cela pourrait changer au cours des prochains trimestres.
Calculer le futur
Le swap commence avec une valeur de zéro mais fluctue en fonction de l’évolution des taux d’intérêt. À chaque date de paiement, vous devez soustraire les paiements fixes et variables pour déterminer quelle partie doit à l’autre.
Conseils
De nombreux calculateurs en ligne gèrent les calculs pour calculer les swaps de taux d’intérêt.
Pour trouver la valeur à tout moment :
- Calculer la valeur actuelle du paiement fixe restant
- Calculer la valeur actuelle des paiements flottants restants
- Soustraire un montant fixe (du point de vue du destinataire)
Minimiser les risques pour les organismes de paiement d’intérêts variables lorsque les taux d’intérêt augmentent
Si les taux d’intérêt augmentent de manière inattendue – comme lors d’une crise financière – une entreprise payant des taux d’intérêt variables dans le cadre d’un swap pourrait être confrontée à des coûts de financement élevés. Par exemple, lors de la crise de l’épargne et du crédit des années 1980, certaines entreprises ont vu les taux d’intérêt flottants passer de 10 % à plus de 20 %. Plus récemment, en 2022, les entreprises ayant des obligations à taux variable ont été prises au dépourvu alors que les taux d’intérêt ont augmenté plus rapidement qu’à aucun autre moment de l’histoire moderne.
Pour se prémunir contre de telles situations, les entreprises mettent souvent en place un certain nombre de mesures de protection :
- La « clause de rupture » permet une résiliation anticipée (bien que souvent à un coût important)
- Un plafond de taux d’intérêt fixe un maximum pour les paiements d’intérêts à taux variable
- Une clause « knock-out » met fin au swap si le taux dépasse un certain niveau
- Couverture partielle plutôt que totale pour maintenir la flexibilité
Cependant, ces protections se font souvent au prix de taux d’intérêt fixes plus élevés ou de paiements initiaux de primes. La crise financière de 2008 a enseigné à de nombreuses entreprises une dure leçon sur l’importance de tester la tolérance du risque de swap face à des événements extrêmes.
Qu’est-ce que le SOFR exactement ?
Le taux de financement au jour le jour garanti (SOFR) est basé sur des transactions réelles sur le marché des rachats (repo) du Trésor américain, où les institutions financières empruntent des espèces au jour le jour en utilisant des titres du Trésor américain comme garantie. Contrairement à son prédécesseur LIBOR, qui était basé sur des estimations bancaires, le SOFR repose sur près de 1 000 milliards de dollars de transactions quotidiennes réelles.
Cela rend la manipulation beaucoup plus difficile et reflète mieux le coût réel des emprunts dans le système financier américain. Pour les investisseurs ordinaires, les mouvements SOFR affectent tout, des prêts hypothécaires à taux variable aux prêts aux entreprises.
Pourquoi faut-il remplacer le LIBOR ?
La baisse du LIBOR est survenue après un scandale majeur en 2012, au cours duquel plusieurs grandes banques manipulaient les taux pour réaliser des bénéfices. Étant donné que le LIBOR est basé sur des estimations quotidiennes des banques plutôt que sur des transactions réelles, les traders peuvent influencer le taux en soumettant des données trompeuses. La manipulation a affecté des milliards de dollars de produits financiers dans le monde entier, entraînant des milliards de dollars d’amendes et plusieurs accusations criminelles.
Ce scandale, combiné à une baisse des prêts LIBOR, a conduit les régulateurs à éliminer progressivement les alternatives plus transparentes comme le SOFR.
Que se passe-t-il si l’une des parties à l’accord de swap fait défaut ?
Les accords de swap modernes incluent souvent des addendums de soutien au crédit qui obligent les parties à mettre en gage leurs actifs si la qualité de leur crédit se détériore ou si la valeur du contrat de swap change de manière significative. Si un défaut survient malgré ces protections, la partie non défaillante peut généralement mettre fin au swap et recevoir une compensation pour toute perte.
Les entreprises ont-elles besoin d’une certaine notation de crédit pour participer à des swaps de taux d’intérêt ?
Bien qu’il n’y ait pas d’exigence officielle de notation de crédit minimale, la plupart des courtiers exigent que la contrepartie ait au moins une notation de qualité investissement (BBB- ou supérieure) pour conclure des accords de swap sans garantie. Les entreprises moins bien notées ne sont pas totalement exclues mais pourraient devoir hypothéquer des actifs importants ou payer des taux d’intérêt plus élevés. Certaines sociétés plus petites ou moins bien notées peuvent recourir à des « négociants en swaps » – souvent de plus grandes banques agissant comme intermédiaires – au lieu de traiter directement avec d’autres institutions.
Conclusion
La tarification des swaps de taux d’intérêt suit un principe de base : dès le départ, les deux branches du swap doivent avoir la même valeur. Ceci est obtenu grâce à un calcul minutieux de facteurs d’actualisation basés sur les taux actuels du marché, ce qui permet de déterminer le taux fixe approprié pour rendre le commerce équitable pour les deux parties.
Même si le calcul peut être complexe, le concept de base est simple : la valeur actuelle des paiements à taux fixe attendus doit être égale à la valeur actuelle des paiements à taux variable attendus. À mesure que les taux d’intérêt du marché évoluent au fil du temps, cet équilibre initial changera, entraînant une fluctuation de la valeur du swap. Comprendre ce processus d’évaluation est important car il constitue la base de l’un des outils de gestion des risques les plus largement utilisés dans la finance moderne.
