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L’Union européenne (UE) et la Chine ont annoncé cette semaine des plans ambitieux visant à réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre afin de ralentir le rythme du changement climatique. De nombreux scientifiques affirment que le réchauffement climatique crée davantage de tempêtes, d’inondations, d’incendies de forêt et d’autres événements qui menacent des millions de personnes et économie mondiale. L’UE et la Chine représentent deux des plus grandes régions économiques du monde et les plus grands émetteurs de gaz à effet de serre. Leur plan, annoncé le 14 juillet, fait l’objet de discussions depuis longtemps et devrait prendre des années avant d’être pleinement mis en œuvre. Mais de nombreux décideurs politiques les considèrent comme des mesures importantes pour lutter contre le changement climatique, même si certains écologistes estiment que ces propositions ne vont pas assez loin.
Les plans récemment annoncés illustrent les efforts des dirigeants européens et chinois pour prendre la tête de la lutte contre le changement climatique quelques mois seulement avant la prochaine conférence mondiale sur le changement climatique qui se tiendra en Écosse en novembre. Ces progrès contrastent fortement avec ceux des États-Unis, où l’ambitieux plan climatique du président Biden se heurte à une forte opposition, principalement de la part des républicains, au sein d’un Congrès divisé.
Le plan de l’UE est surnommé le Green Deal européen. Il limite considérablement la dépendance du bloc aux combustibles fossiles et impose des droits de douane sur les importations en provenance de pays émetteurs de grandes quantités de gaz à effet de serre. L’UE était responsable de 6,4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre en 2019, ce qui en fait le quatrième émetteur mondial après la Chine, les États-Unis et l’Inde. Sa part dans le PIB mondial était de 17,9 % en 2020. L’UE veut atteindre zéro émission nette d’ici 2050.
Le plan climatique de la Chine se concentre sur le déploiement d’un système d’échange de droits d’émission pour les entreprises chinoises qui créerait le plus grand marché du carbone au monde et augmenterait considérablement la part du pays dans les émissions mondiales dans des types de programmes similaires. La Chine, premier émetteur mondial, représentait 27 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre en 2019. Sa part dans le PIB mondial était de 17,4 % en 2020. Les projets de la Chine joueront un rôle central pour aider le pays à atteindre son objectif précédemment déclaré d’atteindre zéro émission nette d’ici 2060.
Gagnants et perdants
Ces deux projets auront un impact majeur sur les industries mondiales et les entreprises qui y opèrent. Les entreprises de combustibles fossiles pourraient être désavantagées touchés, ainsi que les exportateurs des industries ou des pays à fortes émissions. Les grands producteurs de carbone seront également touchés, comme les industries de l’acier, du ciment et de l’électricité. Toutefois, les entreprises d’énergie alternative, comme l’énergie éolienne, solaire et hydroélectrique, bénéficieront probablement des nouvelles initiatives, tout comme les entreprises qui fabriquent des produits plus économes en énergie, comme les voitures électriques. Les plans liés à la construction d’infrastructures d’énergie renouvelable et d’efficacité bénéficieront également au secteur de la construction.
Leçon principale
- L’UE et la Chine ont annoncé mi-juillet un nouveau plan visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre.
- L’UE vise à réduire ses émissions de 55 % par rapport aux niveaux de 1990 et à atteindre zéro émission nette d’ici 2050.
- L’objectif de la Chine est d’atteindre un pic d’émissions d’ici 2030 et d’atteindre zéro émission nette d’ici 2060.
- Le plan de l’UE s’appelle le Green Deal européen et comprend des propositions visant à réduire les émissions, à accroître les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique et à restaurer l’environnement naturel.
- Le plan chinois prévoit le lancement ce mois-ci d’un programme d’échange de droits d’émission de carbone, permettant aux entreprises d’acheter des subventions si elles souhaitent augmenter leurs émissions de carbone.
Quelles sont les nouvelles initiatives climatiques de l’UE et de la Chine ?
Pacte vert européen
Le Green Deal européen a été lancé par la Commission européenne (CE), l’organe exécutif politiquement indépendant de l’UE. Il s’agit de l’un des plans les plus ambitieux jamais élaborés par une grande puissance économique pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Il décrit les objectifs du bloc en matière d’émissions, d’énergies renouvelables et d’efficacité, de rénovation des bâtiments écologiques et de restauration de la nature. Il présente également les avantages économiques attendus et les objectifs de la coopération internationale.
L’UE veut devenir le premier continent climatiquement neutre d’ici 2050. À cette fin, ils se sont engagés à atteindre leur objectif de réduction des émissions d’au moins 55 % d’ici 2030, comme mentionné ci-dessus. L’UE a réduit ses émissions de 24 % par rapport aux niveaux de 1990 en 2019. Le plan de l’UE met en avant des objectifs spécifiques liés aux transports, notamment zéro émission nette de toutes les voitures neuves d’ici 2035. À partir de 2026, l’UE réglementera le transport routier dans le cadre d’un système d’échange de quotas d’émission (ETS), communément appelé aux États-Unis système de plafonnement et d’échange. L’ETS fixera un prix sur la pollution et encouragera l’utilisation de carburants plus propres et l’investissement dans les technologies propres. Des prix du carbone pour les secteurs aérien et maritime sont également proposés.
L’UE propose également un mécanisme pour empêcher les entreprises polluantes de déplacer leur production hors de l’UE pour contourner les limites d’émissions du bloc, puis de les réexporter vers l’UE. Le mécanisme proposé est une taxe carbone sur les importations en provenance de pays à fortes émissions de gaz à effet de serre. Cette taxe sera la première du genre.
Le plan encouragera également les sources d’énergie renouvelables et l’efficacité énergétique globale du bloc. L’objectif est que le mix énergétique de l’UE atteigne 40 % d’ici 2030. Actuellement, les énergies renouvelables représentent environ 20 % du mix énergétique total de l’UE. L’UE souhaite également réduire la consommation globale d’énergie en améliorant l’efficacité énergétique. Son objectif est de parvenir à une réduction globale de 36 % de la consommation d’énergie d’ici 2030. Une proposition spécifique consiste à demander aux États membres de l’UE d’augmenter l’utilisation des énergies renouvelables dans le chauffage et la climatisation de +1,1 points de pourcentage par an jusqu’en 2030.
D’autres propositions incluent la création d’un nouveau Fonds social pour le climat pour soutenir les citoyens de l’UE les plus touchés ou les plus menacés. Le fonds servira à rénover des bâtiments, à fournir une aide au revenu et à financer d’autres mesures. L’UE souhaite également restaurer les forêts, les sols, les zones humides et les tourbières de l’Europe, ce qui contribuerait à absorber le CO2 et rendrait le bloc plus résilient aux impacts du changement climatique. La CE a déclaré que ses nouvelles propositions pourraient contribuer à rénover 35 millions de bâtiments et à créer 160 000 emplois verts supplémentaires dans le secteur de la construction d’ici 2030.
Le marché national du carbone en Chine
Le très attendu ETS national carbone de la Chine devrait être lancé ce mois-ci. L’ETS chinois deviendra le plus grand marché du carbone au monde en termes de volume total. L’objectif est que l’ETS fournisse un mécanisme de marché permettant de réduire suffisamment les émissions pour que les émissions totales atteignent leur maximum d’ici 2030 et atteignent l’objectif de zéro émission nette d’ici 2060.
ETS est en cours de création sur la nouvelle bourse de l’énergie et de l’environnement de Shanghai, dont l’ouverture est prévue le 16 juillet 2021. L’échange permettra à des milliers d’entreprises d’acheter des quotas d’émission supplémentaires auprès d’autres entreprises plus économes en énergie. Le système d’échange fixerait un prix sur les émissions et donnerait aux entreprises la possibilité d’acheter des subventions si elles se trouvent dans une situation où elles doivent polluer davantage.
Sur les sept marchés tests de l’ETS, le prix moyen du carbone était d’environ 40 yuans (6,18 $)/tonne, soit moins cher que le prix moyen du carbone de 47,25 euros (55,67 $)/tonne, comme prévu pour l’EU ETS de 2021 à 2025. Certaines entreprises estiment que les prix du carbone pourraient s’échanger autour de 40 yuans/tonne cette année avant d’atteindre environ 160 yuans en 2030.
La première phase du plan inclura 2 225 entreprises du secteur chinois de la production d’électricité. Ces entreprises sont responsables de l’émission de plus de 4 milliards de tonnes de dioxyde de carbone chaque année, ce qui représente environ 40 % des émissions nationales totales et environ 14 % des émissions mondiales liées à l’énergie. L’ETS s’étendra à d’autres industries à fortes émissions au cours des trois à cinq prochaines années, notamment la pétrochimie, la chimie, les matériaux de construction, le fer et l’acier, les métaux non ferreux, le papier et l’aviation nationale.
Conclusion
L’impact des projets de l’UE et de la Chine dépendra de leur mise en œuvre et de la rapidité avec laquelle ils seront mis en œuvre. Les propositions de l’UE doivent encore être approuvées par les 27 États membres et le Parlement européen, ce qui pourrait prendre des années de négociations. La Chine, contrôlée par le Parti communiste depuis des décennies, a la capacité d’exécuter son plan plus rapidement. L’ETS chinois devrait être lancé ce mois-ci, mais il faudra encore un certain temps avant que l’on en sache davantage sur son efficacité.
